Top Module Empty
powered_by.png, 1 kB
Accueil arrow Le parcours d'Emile arrow Gamin rêveur ou homme de cheval
Gamin Rêveur ou homme de cheval ?
000030.jpg

Marie Roeslé pendant la remontée du désert côtier du Pérou : 1600 km de sable et de chaleur

 

 

 

"Randonnée technique dans les Alpes". Il n'est pas nécessaire d'aller au bout du monde pour être dépaysé ou heureux"

                                                     *******************************

Je suis né en 1951 aux confins des Cévennes, du Mont Lozère et des Causses. Mes origines sont rurales. Mon père exploitait une petite propriété de polyculture de subsistance. A cette époque qui n'est pas si loin, la maison n'avait pas l'eau courante, ma mère lavait le linge familial à la rivière et un couple de boeufs était utilisé pour labourer et rentrer les récoltes. Je me souviens avoir accompagné mes parents à une foire à Florac dans une jardinière tirée par une vaillante petite jument nommée "Poullo". J'avais 5 ans. C'est là que ma fascination par les chevaux est née. Mon grand-père maternel était charretier et un aïeul convoyait des mules depuis la région Centre vers les Cévennes où elles étaient très appréciées pour les travaux agricoles et le transport des charges sur les drailles de la Régordane.

L'exode rural a amené ma famille dans le Languedoc où le cheval Camargue est partie prenante de la culture et est l'un des animateurs de fêtes locales. Le gamin que je suis est en admiration devant  tant de vie, de beauté et de puissance.

1970. Bac en poche, je rentre dans un centre équestre en tant que stagiaire. Déception quant à l'équitation qu'on pratiquait à cette époque et surtout prise de conscience de l'exploitation des jeunes sous prétexte de formation. Je me rends compte que je passe nettement plus de temps à sortir du fumier qu'à apprendre avec un enseignant. Je ne suis pas un génie capable de percer par sa seule valeur dans un milieu encore très bourgeois et je ne souhaite pas devenir celui qui gueule planté au milieu d'un manège pendant que les autres tournent en rond sur des chevaux abrutis de routine et de claustration. Je décide donc de me former dans un métier plutôt sympa qui me donnera un salaire et où j'aurai du temps libre pour monter à cheval.

1973. Je suis enseignant en Education Physique et Sportive. Je vais pouvoir enfin donner du corps à mes rêves de gosse. C'est bon d'avoir un salaire, de décider ce qu'on va en faire et d'avoir du temps pour le faire!

1975. J'achète mon premier cheval, "Gamin", entier, un peu têtu, un peu paresseux. Ce cheval-là m'apprend beaucoup.  

1975. Nous nous rencontrons avec Marie ROESLE. Nos destins se mèleront pendant 30 ans. Nous organisons des randonnées estivales avec des amis. Mais le nombre nous dérange un peu. Nous souhaitons plus de silence,  plus de contact avec les chevaux et la nature.

1977. Je ressens le besoin de compléter ma formation. Je m'inscris dans un club hippique. Bombe sur la tête, culotte de cheval, épaule en dedans, trot enlevé, cavalettis et autres barres de spa... J'apprend, acquiers des diplomes. C'est bien mais ce n'est pas ma voie. Le dressage classique et les obstacles, c'est encore et ce sera toujours touner en rond dans un espace clos. Cela manque d'espace, de rêve, de poésie, d'air pur. Et quid des savoirs de l(homme de cheval ? Rien ! Dans les clubs, on apprend à monter, pas à ferrer, pas à soigner, pas à choisir une selle, pas à coudre du cuir, pas à nourrir, pas à soigner, pas à comprendre les chevaux. J'irai donc apprendre ailleurs, sur le tas.

1979. Avec Marie Roeslé, nous accomplissons notre premier voyage, "Par le chemin des écoliers",  en France, en Espagne et au Portugal.  14 mois de liberté et de découverte avec "Camomille", un arabe tunisien, "Gitan", un barbe et "Loulie", une chienne bouvier des Flandres. Ce voyage nous ouvre les portes d'un mode de vie riche d'espace, de silence, de rencontres, d'effort partagé, de nature. Sitôt ce voyage terminé, nous décidons de repartir en plus grand, en plus beau et en plus longtemps.

1980. Pendant 4 ans, nous rêvons et préparons soigneusement l'expédition "Caravane pour un Continent". Nous habitons en Provence dans une maison sans eau dont le loyer est ridicule. Cela nous permet de sérieuses économies. Nous participons aux courses d'endurance, faisons des randonnées à thème, suivons une formation au secourisme vétérinaire, apprenons à ferrer, à bâter.  Je m'attache à concevoir et à fabriquer un matériel performant. Une période intense, faite d'enthousiasme, d'apprentissages et de travail. Nous faisons naître des chiens, en achetons d'autres. Nous fréquentons les terrains de dressage canins. Rien de ce que nous pouvons prévoir du voyage n'est laissé au hasard.

1981. Nous rencontrons Stéphane BIGO, cavalier, écrivain, voyageur à cheval, dont le livre "Crinières au vent d'Asie" m'a tellement intéressé. Avec lui, avec Sylvie et Christian LILE, et avec Frédéric BLANC, nous créons l'association des cavaliers au long cours, destinée à rassembler ceux que le voyage à cheval intéresse. Nous mettons ne place un journal interne et organisons rencontres et discussions.

1984. Avec Marie ROESLE, nous nous lançons pendant 4 ans sur les pistes du Continent Américain. Notre équipe se compose de 2 humains, de 4 chevaux et de 2 chiens. Nous jetterons dans ce voyage tour notre savoir et notre énergie. La réalité de l'aventure est là, tous les jours, la nuit aussi, avec ses bonheurs et ses vicissitudes. Nous assumons nos rêves. Nous conduisons ce voyage pas à pas, avec beaucoup de détermination. Nous atteignons un niveau rare de symbiose et de réalisation. Nous sommes en harmonie avec notre mode de vie.

1988. Fin du voyage. Retour sur Paris : HLM et travail. Pas marrant du tout mais bien pratique pour qui a passé tant de nuit dehors et qui n'a plus un sou vaillant !  Nous nous sentons agressés par le martèlement publicitaire. La vllle nous oppresse. Nous constatons que la France n'a plus d'espace vierge : où que le regard se pose, on voit l'indélébile marque de la présence humaine. Ce pays est plein. Nous manquons d'air, d'espace et de silence.

1989. Je ne suis pas du tout moitivé pour aller tourner en rond dans un manège aux portes de Paris.

Nous écrivons une thèse sur l'effort et les capacités d'adaptation des chevaux de "Caravane pour un Continent" : "LES COULISSES D'UNE CHEVAUCHEE".  L'INRA souhaite publier ce gros dossier par chapitres. Nous refusons. Nous souhaitons un bouquin,... et qu'on n'en parle plus ! Cette thèse retrace la vie des chevaux de l'expédition et débouche sur une méthode d'élevage et de préparations des chevaux destinés au voyage à cheval. Elle sera publiée un jour.

J'écris un condensé de mon savoir de cavalier voyageur : "TECHNIQUES DU VOYAGE A CHEVAL". Ce livre manquait. Il dépasse largement le cadre étroit des examens de Tourisme Equestre de la Fédé. Il donne des clefs aux cavaliers trempés pour donner corps à leurs rêves de chevaux, d'espace et de liberté. Ce livre sera reédité plusieurs fois et largement augmenté. Il est devenu une référence dans le petit monde du voyage à cheval. J'ai fait là mon travail de "grand frère", de passeur d'information.

 1993. Interlude marin : un an de voyage à la voile. c'est la croisière "TAMEL AÏKE", du nom de notre petit dériveur intégral en aluminium qui est à la fois notre maison et notre sésame pour découvrir le monde. Nous longeons gentiment les côtes Françaises, Espagnoles, Portugaises et croisons en Méditerrannée. Ue autre expérience du voyage, une autre ambiance, un autre mode de vie, un autre enseignement.

1995. Retour aux chevaux ! Nous faisons une courte, trop courte virée en vélo en Mongolie.   Un pays sans clôtures où il y a plus de chevaux que d'êtres humains ! Un enchantement qui nous donne surtout envie d'y retourner, de prendre notre temps. 

1998. C'est le raid "COUREURS DE PRAIRIE"; un périple de 10 000 km en 10 mois aux USA avec "Boy", un mulet issu de jument Quarter horse et de "Ma Mie", une mule probablement issue de jument Morgan. Marie Roeslé voyage en parrallèle avec une voiture. Nous nous retrouvons souvent, tous les jours en hiver. C'est plus confortable :  les mules et moi sommes mieux alimentés. Par contre, ce que nous gagnons en confort est perdu au niveau "Aventure".  Ce voyage se voulait "a caractère sportif". Il ne l'a pas été à la mesure de mon souhait, "Boy" ne pouvant raisonnablement pas aller au delà de 40 km par jour de travail. Je le mène donc "sur le fil du rasoir" et je réussis à en préserver les membres. Avec plus de temps à ma disposition, ce voyage est  pour moi l'expérience d'un pays magnifique et d'une civilisation pour le moins criticable dans sa volonté d'hégémonie, dans sa suffisance et dans son consumérisme. Une prise de conscience de l'absolue necessité de respecter profondément et en actes à la fois la Nature et l'être humain.

1999. Je remets en fonctionnement l'association des CAVALIERS AU LONG COURS. Travail prenant, enthousiasmant, nécessaire. L'association est maintenant forte de quelques 120 membres de 10 nationalités. Nous sommes plus de 40 à avoir accompli des voyages "sérieux".

2005. Avec Marie Roeslé, nos chemins de vie se séparent. C'est pour nous une période difficile pleine de questions sur le sens de la vie, sur le sens de la souffrance et sur le sens de la relation humaine. Questions sans réponses définitives. Dommage ! Je reste avec les questions... Une randonnée estivale avec Marie Palanchon, vétérinaire, femme de cheval, cavalière voyageuse est l'annonce d'un rebond dans ma vie de cavalier. Nous décidons de faire désormais équipe ensemble. Des rêves naissent et grandissent. L'appel de l'espace et de la liberté est là. Nous commençons la construction d'un projet de voyage à cheval de longue durée.

**********************************

 




© 2017 Le site officiel d'Emile Brager, cavalier au long cours
Joomla! est un logiciel libre distribué sous licence GNU/GPL.